Voici quelques jours nous avons reçus d’un hopital français plusieurs cartons de matériel médical principalement utilisé en gynécologie.
Ce matin nous avons pris rendez-vous avec l’hôpital pour d’abord les informer et ensuite organiser la livraison qui je vous le rappelle se fera soit à dos d’homme ou d’âne ou de yak !
Deux autres ONG nous accompagnaient .
La personne que nous devions rencontrer n’était pas au bureau et nous sommes donc allés la chercher chez elle.
S’en est suivi une réunion à 6 en Népali, que je me suis faite traduire ensuite . La demande de l’hôpital a été la suivante :
Pour pouvoir assurer la qualité de nos services nous allons avoir besoin d’une formation pour l’utilisation de ce nouveau matériel il serait bon de la prévoir . Qui va pouvoir assurer la formation et qui va la financer ? ?
J’ai ensuite visité la maternité : elle est ouverte 24h/24 . Lorsque l’enfant est né il est mis pour une ou deux heures dans « un caisson pour le réchauffer » .
Une chambre commune attenante à la salle d’accouchement permet à la maman de rester 24h pour se reposer, recevoir des conseils et des soins si nécessaire , et ensuite elle rentre chez elle ,soit avec son mari ou avec les membres de la famille qui l’ont accompagnée.
Inutile de penser ambulance pour rentrer , la maman prend son petitout sur son dos et se fait jusqu’à 5 à 6 heures de marche à pieds pour rentrer dans son village , tout en réalisant , sans transition que petit à petit sa vie vient de prendre une autre dimension.
Les mamans ici donnent le sein à leurs enfants au moins jusqu’à 3ans .
Je pense que certaines jeunes femmes que j’ai vues à la maternité n’avaient pas plus de 16 ans
et se demandaient comment elles se retrouvaient enceinte. Dur à dire mais c’est aussi une réalité.
Hier en rentrant d’une grande balade j’ai croisé une jeune femme enceinte ( 16/17 ans pas plus ) qui revenait d’une visite à l’hopital . Elle marchait difficilement en geignant à chaque pas elle été accompagnée de sa sœur et son mari l’un et l’autre portant des sacs et la maman en plus une petite fille de 2 ans environ sur son dos . Ils m’ont demandé à manger et de les aider . Je n’avais qu’un peu d’eau mais rien à manger. J’avais une heure de marche pour arriver à Simikot et eux trois heures pour atteindre leur village. Je n’ai rien pu faire face à cette souffrance sinon essayer de les rassurer en leur parlant un peu meme en français .
Les limites de l’aide , la dureté de la vie , les conditions de vie de certaines femmes ?